Vision du parti
Comme l’indique éloquemment l’intitulé de son nom, notre Parti se donne pour mission principale d’apporter le progrès aux burkinabè. Après un demi-siècle d’indépendance et malgré quelques avancées obtenues ici et là, notre pays a encore beaucoup de progrès à réaliser dans de nombreux domaines, pour assurer le bonheur de notre peuple : la construction de la démocratie, le maintien de la paix sociale, la préservation de l’unité nationale, l’éducation, la santé, le logement, l’environnement, la culture etc. Notre Parti est né, parce que nous croyons qu’il est possible d’aider notre peuple à réaliser ces progrès. C’est là que réside la principale motivation de l’engagement de nos militants. Mais l’analyse concrète que notre Parti fait de la situation politique de notre pays et de l’incapacité de nos dirigeants actuels à offrir ce progrès à notre peuple, nous conduit à croire, que pour que ce progrès se réalise, il faut qu’il y ait un changement démocratique.
Notre Parti se positionne donc comme l’une des forces politiques qui oeuvre pour que ce changement ait lieu, afin que les possibilités soient offertes de réaliser ce progrès. C’est en cela que l’ UPC se définit comme le Parti de l’alternance démocratique.
Par alternance démocratique, nous entendons l’accession, par la voie des urnes, de notre Parti et de ses alliés aux responsabilités d’Etat, afin de mettre en oeuvre une autre politique de développement qui, si elle doit faire le bonheur de tous les burkinabè, fera surtout le bonheur des classes et couches sociales qui ne profitent pas actuellement des fruits de notre développement. Dans notre entendement, l’alternance implique une triple rupture :
- au plan politique : l’alternance suppose l’arrivée au pouvoir, par les urnes, d’une ou plusieurs forces politiques différentes des coalitions qui gouvernent notre pays actuellement. Cela va de soi car si les forces politiques qui nous gouvernent actuellement demeurent au pouvoir, elles continueront de mettre en oeuvre les politiques néfastes que nous désapprouvons;
- au plan économique : l’alternance suppose que soit mise en oeuvre une politique de développement, différente de celle que nous dénonçons et qui apporte des solutions concrètes aux angoisses de notre peuple. Il est en effet important que l’alternance se traduise par une autre politique de développement et non par la persistance de la politique menée actuellement et dont nous contestons le bien fondé ;
- au plan social : l’alternance permettra de bâtir une nouvelle société dans notre pays, reposant sur des valeurs fortes, sûres et partagées.
Pour nous, partant du point de vue énoncé plus haut, l’alternance, dans notre contexte national actuel, ne saurait être ni une succession au sein d’un même parti politique et/ou de partis et autres types d’organisations satellites, ni un coup d’Etat populaire, salvateur ou démocratique. De plus, il n’implique ni vengeance, ni revanche, ni chasse aux sorcières.
Pour l’ UPC, l’alternance suppose l’existence d’une alternative au pouvoir en place. Or une véritable alternative ne peut être offerte par les héritiers d’un régime au pouvoir depuis plus de deux décennies. Qu’il s’agisse des leaders des factions internes au CDP ou des leaders des partis de la mouvance présidentielle, ils doivent tous être tenus pour comptables de la gestion du pouvoir, dans la mesure où ils ont eu l’opportunité de co-gérer le pouvoir d’Etat ou de l’exercer. Parce que l’alternance suppose une certaine rupture dans le contenu des politiques et pas seulement un changement de personnel dirigeant, il est clair que les leaders du parti au pouvoir et des partis de la majorité présidentielle peuvent difficilement assurer de manière crédible la nécessaire rupture qu’implique l’alternance. Le passage du relais d’un leader à un autre dans le cadre d’un même parti ou d’une même majorité présidentielle signifierait en effet la continuité, la persistance des réseaux de corruption en place et la reproduction d’un système de gouvernance rejeté par le peuple citoyen.
Notre vision de l’alternance est celle qui résulte du choix démocratique de notre peuple, à travers un suffrage universel qui ne souffre pas de contestation. Vue sous cet angle, notre vision de l’alternance se démarque clairement des changements anticonstitutionnels qui s’opèrent sur le continent dans un nombre croissant de pays et que certains analystes saluent comme étant des évolutions salvatrices. Notre opinion est que, même si de profonds changements surviennent à la suite de telles interventions, ils ne devraient pas se confondre avec l’alternance démocratique. Par principe, les coups d’Etat militaires ou les changements anticonstitutionnels qui se produisent en Afrique doivent être condamnés sans équivoque, parce qu’ils retardent la consolidation démocratique, même s’ils sont accueillis dans la liesse populaire.
De même, pour l’ UPC, l’alternance ne signifie pas la revanche, la résurrection d’un ordre passé et regretté, la vengeance ni une chasse aux sorcières. Notre Parti se démarque vigoureusement de cette démarche, car il estime que le fondement principal de l’alternance, c’est la divergence sur le contenu des politiques de développement et leur mise en oeuvre pratique. Ce n’est pas la haine personnelle que l’on nourrit subjectivement envers tel ou tel responsable au pouvoir. Pour notre Parti, tout pouvoir et celui de la IVème république plus que tout autre, qui pose des actes et prend des décisions parfois douloureuses, laisse des mécontents qui peuvent un jour être tentés par la revanche ou la vengeance. C’est pour cela que notre Parti comprend bien qu’il est nécessaire que la question d’une véritable réconciliation soit résolue à travers un projet politique rassembleur qui rassure, qui soulage et qui permet de tourner la page. C’est en vertu de cela que pour notre Parti, l’alternance ne devra pas signifier l’ouverture d’une chasse aux sorcières, même si elle ne peut pas non plus signifier la garantie de l’impunité.
Lorsqu’on écoute les jugements portés sur la situation actuelle de notre pays, on entend surtout deux sons de cloche diamétralement opposés :
- d’un côté, les partisans zélés du pouvoir de la IVème République s’évertuent à chanter que tout va très bien au Burkina et que notre peuple est bénéficiaire d’avancées fantastiques sur tous les plans. Ils sont réfractaires à l’idée même qu’on puisse dire que notre pays a des problèmes ;
- de l’autre côté, les pourfendeurs invétérés du régime, qui estiment qu’il a échoué sur tous les plans et qu’il ne saurait nullement trouver grâce à leurs yeux.
Notre Parti estime que, comme tous les régimes qui se sont succédés, le pouvoir de la IVème république a un actif, mais aussi un passif et que l’alternance se justifie parce que ce qui est en panne au Burkina est plus important que ce qui marche.
C’est pour cela qu’il affirme, que son accession au pouvoir d’Etat sera surtout l’occasion :
- d’améliorer ce qui est déjà fait
- de corriger ce qui est mal fait
- de réaliser ce qui n’est pas encore fait
C’est cette vision qui guide notre approche.
En tant que parti prônant l’alternance, notre Parti se range, au moment de sa création dans le camp de l’opposition légale.
Pour nous, être opposant dans le contexte actuel du Burkina Faso, c’est avoir d’abord, des convictions différentes de celles que partagent ceux qui nous gouvernent. C’est croire, ensuite, sincèrement qu’une autre manière de gérer le pouvoir et le développement peut faire le bonheur de notre peuple. Notre position vis-à-vis du pouvoir de la IVème république repose donc et avant tout, sur une différence d’opinion sur la stratégie la mieux appropriée pour conduire les affaires de notre pays. Notre attitude ne se fonde ni sur l’hostilité, ni sur la haine à l’égard d’individus. Elle signifie opposition à une politique et à un système.
C’est fort de cette position que notre Parti porte la critique contre ceux qui nous gouvernent. Cette critique, nous ne la concevons pas comme devant être systématique ou stérile. Nous la voulons circonstanciée et constructive car pour l’ UPC, être opposant, ce n’est pas seulement critiquer tout ce que fait l’adversaire ; c’est aussi accepter de reconnaître ce que l’adversaire fait de bien et surtout, c’est aussi proposer une alternative pour faire mieux.
Cette attitude de base a pour nous plusieurs implications politiques importantes :
D’abord, elle nous conduit à accepter de manière consciente le statut d’opposant républicain et le sacrifice que cela implique, loin des facilités du pouvoir et des avantages qu’il confère car pour nous, on ne peut pas être une chose et son contraire, même si l’astuce politique en vogue dans notre pays consiste à flirter avec le puissant du moment pour espérer bénéficier de ses prébendes, grandir sous son ombre, avant de l’attaquer.
Ensuite, elle nous conduit à apprécier l’action du pouvoir en place sur la seule base des actes qu’il pose et sur le jugement que nous faisons de la capacité de ces actes à apporter le progrès à notre peuple. Elle nous oblige aussi à l’objectivité politique, qui consiste à reconnaitre et à saluer les actes positifs que le pouvoir pourrait poser.
Enfin, elle implique de savoir avancer des propositions concrètes, ou des idées, dont la mise en oeuvre peut apporter le progrès à notre peuple En cela, notre Parti se positionne comme une opposition républicaine et constructive.
Notre Parti rejette vigoureusement le sectarisme. Il est conscient que l’ouverture vers les autres peut être une source d’enrichissement, toute chose utile pour la réussite de son combat politique.
Il comprend et accepte, que dans le contexte de la démocratie pluraliste, il aura besoin de l’appui, de la coopération et du soutien d’autres forces politiques pour avancer et réussir. Il est donc disposé à entrer dans des alliances constructives, lorsque les conditions suivantes sont remplies :
- que cette alliance soit en cohérence avec notre ligne et notre démarche politique ;
- qu’elle renforce notre Parti et lui permette de réaliser notre ambition politique ;
- qu’elle soit voulue et clairement acceptée par nos militants ;
- qu’elle soit profitable à notre pays et à notre peuple.
Mais, quelque soient les circonstances, notre Parti approchera ces alliances avec l’esprit du compromis, jamais avec celui de la compromission.
Réaliser l’alternance dans le contexte politique actuel de notre pays suppose la mise en oeuvre d’une stratégie politique adaptée. Elle suppose aussi savoir adopter le positionnement politique qui convient au plus grand nombre. En analysant les échecs de notre opposition actuelle à réaliser l’alternance et, en se référant à l’histoire des autres pays, notre Parti observe que l’alternance démocratique survient facilement lorsque, au sein de l’opposition, une force politique parvient à émerger du lot par ses performances électorales et est suffisamment rassurante pour rassembler au-delà de son camp, les franges de la société qui, tout en voulant le changement, refusent l’aventure. Dans cette circonstance, cette force joue le rôle d’avant garde, qui fédère les énergies du changement.
L’ UPC entend se positionner d’emblée comme cette avant-garde. Il estime que, par le profil de ses animateurs et par le réalisme de son projet politique, il est à même de proposer et conduire un changement apaisé dans notre pays, un changement qui ne soit ni un simulacre de changement, ni une revanche personnelle sur les adversaires politiques du moment.
La capacité de jouer ce rôle, notre Parti la tire de la justesse de sa vision, de la force de ses valeurs, de ses principes et de son mode d’organisation.
Si notre vision découle de nos convictions, elle est aussi fortement façonnée par les évolutions du monde qui nous entoure et dont les enseignements tracent en permanence pour nous la frontière entre le souhaitable et le possible.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la naissance de l’ UPC survient dans un monde en pleine et constante mutation. La bonne lecture de ce monde tel qu’il évolue sous nos yeux est un exercice incontournable pour tout parti politique qui, comme le notre, aspire à la conquête et l’exercice du pouvoir d’Etat.
Notre Parti observe que depuis bientôt trois décennies, le monde vit une nouvelle ère de mondialisation, c’est-à-dire une interconnexion croissante marquée par la circulation massive d’informations, de technologies, de capitaux, de biens et services et de personnes à travers la planète, le développement fulgurant des moyens de communication, l’explosion du volume des échanges commerciaux, l’effondrement des barrières culturelles etc. Ce nouveau monde en perpétuelle évolution présente des opportunités, mais aussi des menaces, que tout parti politique responsable se doit de savoir identifier.
La mondialisation est une chance pour une croissance globale et constante de l’économie mondiale. Les experts estiment que celle-ci sera renforcée de 80% d’ici 2020 par rapport à 2000 et que le revenu moyen par individu va augmenter de 50%. Notre Parti est inquiet de savoir que les bénéfices de cette mondialisation ne seront pas répartis de manière égale et que des pays sous-développés, comme le Burkina, verront s’accentuer leur retard, si des stratégies appropriées ne sont pas mises en oeuvre. Notre Parti se range de l’avis de ceux qui estiment, que les plus gros avantages de la mondialisation bénéficieront aux pays qui pourront accéder aux nouvelles technologies et les adapter à leurs besoins. Il sera donc important pour le Burkina de faire de l’acquisition des technologies nouvelles une priorité de son action. Pour cela, il faut combattre la vision qui consiste à dire que nos pays sont trop pauvres pour axer leur développement sur les technologies nouvelles. Il faut rechercher, acquérir et développer celles-ci, les adapter à nos besoins et réalités. C’est en faisant cela qu’il sera possible de brûler les étapes du développement et sauter certaines phases par lesquelles sont passés les pays développés.
Notre Parti observe que la mondialisation a profondément modifié les sphères d’influence et l’autonomie des Etats. Autrefois, le monde était dominé par des pays occidentaux d’Amérique et d’Europe. Aujourd’hui, même si ces pays demeurent puissants et influents, ils doivent compter avec d’autres acteurs.
La situation internationale est en effet marquée par l’émergence de nouveaux acteurs mondiaux, au premier rang desquels figurent des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil. La montée en puissance de ces Etats est comparable en beaucoup de points à celle des Etats-Unis au 20eme siècle. Pour certains observateurs, le 21eme siècle sera asiatique et la Chine et l’Inde, en s’appuyant sur leur poids démographique, leurs performances économiques et leurs capacités militaires en expansion, conduiront les choses. Déjà, en 2020, le produit intérieur de la Chine dépassera celui des puissances économiques occidentales à l’exception des USA.
Avec l’arrivée de ces nouvelles puissances, les concepts d’Est et d’Ouest, de Nord et de Sud, de pays alignés et non-alignés, de pays développés et en voie de développement sont devenus obsolètes. Les groupages géographiques traditionnels ne pèseront plus comme par le passé dans les relations internationales. Le monde est devenu multipolaire. L’Afrique découvre l’Amérique Latine et l’Asie investit en Afrique. Dans ce contexte, notre Parti considère que notre pays commet une erreur stratégique grave, en rompant avec la République Populaire de Chine. A cause de son poids économique et sa place au Conseil de Sécurité des Nations Unies, il n’y a aucun intérêt pour notre pays à cultiver l’hostilité de la Chine Populaire.
Même sur le plan strictement africain, des puissances régionales apparaissent dont le comportement peut paraître impérial. Du même coup, les anciennes analyses politiques basées sur le fait colonial de notre pays ou de l’Afrique perdent de plus en plus de leur pertinence et méritent d’être revues.
La mondialisation a aussi consacré le pouvoir d’une nouvelle catégorie d’acteurs internationaux : les entreprises multinationales et les organisations multilatérales.
Les entreprises seront de plus en plus nombreuses à accéder à une taille mondiale, à échapper de plus en plus au contrôle des Etats et à devenir des acteurs incontournables du changement ou de la stabilité, même à l’intérieur des pays.
Le rôle de nos matières premières va devenir de plus en plus important, car l’économie mondiale, en croissant, va en consommer de plus en plus. Par exemple, on estime qu’au cours des deux prochaines décennies, la consommation de pétrole va augmenter de 50%, alors que sur la période 1980/2000, cette augmentation n’était que de 34%. La compétition que cela va entraîner aura des conséquences multiples aussi bien au plan diplomatique qu’au plan sécuritaire.
Les pays émergents comme la Chine ou l’Inde vont coller leur diplomatie à la recherche des sources d’approvisionnement. L’Europe, qui marque de plus en plus une préférence pour le gaz naturel se tournera vers la Russie et l’Afrique du Nord. Les conflits seront peut-être de plus en plus nombreux pour le contrôle de ces matières premières. Les questions de sécurité nationale seront donc très importantes pour les gouvernements et tout parti sérieux qui aspire au pouvoir d’Etat se doit de les comprendre. Cet effort de compréhension est d’autant plus nécessaire que les foyers de tensions sont et seront de plus en plus nombreux en Afrique et dans le monde, provenant soit des intégrismes religieux, des fanatismes terroristes, ou des transitions politiques mal gérées.
Dans le même temps, le pouvoir de décision économique, du moins en ce qui concerne la définition des politiques, la régulation et la dévolution des ressources de développement, est passé aux mains de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International, de l’Organisation Mondiale du Commerce, des banques et organisations régionales de développement. La conséquence immédiate, c’est que l’autonomie de décision économique des Etats s’en est trouvée amoindrie. Ces organisations se veulent le champion de l’économie de marché et, dans leur dialogue avec les pays sous-développés, font de la mise en oeuvre des politiques libérales un préalable à leur appui. Il convient de noter que ce pouvoir leur a été accordé par les pays développés, qui eux-mêmes, le plus ouvertement du monde, conditionnent leur aide bilatérale à la conclusion d’un accord avec ces institutions.
Pour notre Parti, cette évolution ne doit pas être approchée avec hostilité. D’ailleurs notre Parti sait que, en tant que membre de la BCEAO, notre pays avait déjà une expérience en matière de perte partielle de souveraineté dans le domaine de la gestion monétaire. Notre Parti reconnaît et salue la contribution immense des institutions financières internationales dans le développement de l’Afrique en général et de notre pays en particulier. Pour nous, l’apport de ces partenaires ne doit pas s’analyser seulement au strict plan des transferts financiers.
Il l’est aussi et surtout au niveau du partage d’expérience. Notre Parti regrette que les recommandations de politiques de développement faites par ces partenaires ne prennent pas toujours en compte les spécificités locales et mettra un point d’honneur que, sous sa direction, le sacro-saint principe de l’appropriation pleine et entière des politiques par la partie nationale soit une réalité tangible. Pour notre Parti, nos pays doivent tracer les voies de leur développement et solliciter ensuite l’aide extérieure pour les emprunter. Pas l’inverse.
Sur le plan politique, notre Parti observe que la chute du mur de Berlin et la désintégration de l’empire communiste ont consacré la fin du dogmatisme idéologique, le triomphe des valeurs transversales et la force du pragmatisme.
Le débat idéologique classique entre socialisme et capitalisme ne se déroule plus comme par le passé. Autrefois, les principes des deux camps étaient clairs et ouvertement antagonistes. D’un coté, on avait les partisans du libéralisme économique qui acceptaient et encourageaient la propriété privée, prônaient la liberté d’entreprendre comme meilleure moyen de faire la prospérité et estimaient que l’Etat ne devait pas être un acteur économique pour la production de biens et services de consommation courante, mais devait se cantonner à ses fonctions régaliennes, de régulateur de l’économie, de surveillant du fonctionnement régulier de celle-ci et de garant de la sécurité des biens et des personnes. De l’autre, on avait les partisans de l’économie socialiste, qui estimaient que la propriété des biens de production devait être collective et que l’Etat, pour garantir l’intérêt général, devait prendre directement en main les leviers de la production économique. Entre ces deux approches extrêmes, il y avait de l’espace pour toutes les formules intermédiaires.
Depuis quelques années, bien ou mal, on voit s’établir des zones de convergences entre ces deux idéologies, au point que certains parlent de l’émergence d’une pensée unique. Désormais, toutes les tendances idéologiques semblent accepter le principe de l’économie de marché et se rangent à l’argument selon lequel l’économie de marché est la forme d’organisation économique la plus capable de produire et d’innover. Même les formations politiques qui se réclament ouvertement du socialisme ou du communisme refusent aujourd’hui de prôner la propriété collective des moyens de production ou les nationalisations tous azimuts des entreprises privées. Toutes acceptent le principe de la libre entreprise, de la liberté des échanges et l’existence d’un secteur privé. Elles expriment leurs différences sur les modalités de la mise en oeuvre de cette économie de marché et notamment sur :
- l’étendue du rôle et de la sphère de l’Etat, c’est-à-dire ce que l’Etat doit faire pour le citoyen ;
- le degré d’intervention de l’Etat dans l’économie : les secteurs qu’il doit contrôler, ceux ou il doit être présent et le niveau de sa participation ;
- les règles de gestion de l’économie et de régulation de la concurrence ;
- les législations sociales pour accorder des avantages aux salariés.
En fonction de leurs sensibilités et des situations concrètes de leurs pays, certaines de ces formations réclament l’intervention directe de l’Etat dans tel ou tel secteur de l’économie et les restrictions voire les interdictions de propriété privée individuelle dans tel ou tel domaine. Mais au-delà de ces nuances, le fait majeur à noter, est qu’un consensus s’est établi dans toutes les obédiences idéologiques que le principe de la propriété privée était acceptable et même souhaitable, si l’on veut bâtir la prospérité. Les différences subsistent quant aux modalités de sa régulation et du partage de ses bénéfices.
La chute du mur de Berlin et la mondialisation ont consacré la démocratie pluraliste comme la forme d’organisation politique la plus acceptée par tous.
Pour l’Afrique francophone, on aime faire référence à la fameuse Conférence de la Baule (1990), pour indiquer le point de départ de la nouvelle doctrine suggérée par la France à ses anciennes colonies et qui posait que la conquête du pouvoir d’Etat devait se faire par le biais d’élections démocratiques, libres et transparentes. Il est salutaire que toutes les obédiences idéologiques aient souscrit à cette doctrine, au-delà des nuances qui peuvent subsister çà et là. Là aussi, s’est opéré une rupture avec les schémas antérieurs, à tel point qu’aucune formation politique sérieuse de nos jours n’ose se faire l’avocat d’une prise et d’une gestion autoritaire du pouvoir politique.
Dans le même temps, grâce à l’action de la société civile, dont l’essor a été encouragé par la mondialisation, un certain nombre de valeurs et de causes transversales se sont progressivement imposées à tous. Ces valeurs transversales qui ont gagné en notoriété et en adhésion ces dernières années sont de plus en plus nombreuses. On peut citer : le respect des droits humains, la liberté de la presse, la promotion du genre, la question de la transparence et de l’intégrité, etc. Ces valeurs sont promues par des Organisations Non Gouvernementales devenues des partenaires respectés et craints des gouvernements.
Celles-ci ont réussi progressivement à créer un consensus autour d’elles et à les imposer comme le baromètre à travers lequel on juge l’action des gouvernants.
A coté de ces valeurs transversales, ont aussi émergé des causes transversales inspirées du débat sur le développement durable et qui ont la particularité de capter l’attention au-delà des clivages idéologiques. De celles là sont, par exemple, la préservation de l’environnement, la sauvegarde des espèces menacées, la lutte contre le réchauffement climatique, l’éducation des filles, la lutte contre les mutilations génitales, l’accès à l’eau, le commerce équitable, la lutte contre le travail des enfants etc. Mises ensemble, ces valeurs et ces causes tracent une feuille de route, en matière de développement et ont du reste inspiré la Déclaration du Millénaire et ses objectifs.
De toute cette évolution du monde actuel ainsi décrite, notre Parti tire des enseignements précieux pour guider son action.
La principale leçon pour notre Parti, c’est d’éviter de nous enfermer dans le piège des carcans idéologiques. La mode est établie pour les partis politiques de notre pays, de se proclamer libéraux, socialistes, socio-démocrates, communistes etc. Notre Parti ne succombera pas à cette mode. Ces étiquettes idéologiques ont été façonnées sur la base d’analyses, dans des environnements politiques et dans des circonstances fort éloignées de la réalité de notre pays. Ce sont des concepts importés, dont la singerie ajoute au répertoire déjà rempli des choses que les africains copient de l’occident sans s’assurer qu’elles ont un sens dans leur vécu quotidien. Plus important, aucune de ces idéologies n’offre l’exemple réussi de la création d’une société exempt de problèmes. Les pays qui se proclament aujourd’hui socialistes, libéraux ou socio-démocrates sont tous logés à la même enseigne du chômage galopant, de l’insécurité sociale croissante, du vieillissement démographique et du ralentissement économique.
Pour nous à l’ UPC, la question n’est donc pas de se proclamer socialiste, socio-démocrate, ou libéral, mais plutôt de proposer la réponse que nous apportons aux problèmes concrets des citoyens de notre pays et la position concrète et pratique que l’on adopte face à un sujet donné.
Fort de cette conviction, l’ UPC se déclare au-dessus des caractérisations idéologiques et préfère faire la promotion des valeurs qui permettent de gérer notre société à la satisfaction des citoyens dans leur vécu quotidien. Les aspirations de nos populations sont connues et classifiées comme suit:
- Les besoins physiologiques tels que :
—> Se nourrir,
—> Se soigner,
—> Se loger.
Les besoins de sécurité tels que :
—> Eduquer ses enfants,
—> Sauvegarder son environnement,
—> Améliorer son pouvoir d’achat,
—> Voir ses droits respectés sur le lieu de travail,
—> Etre protégé par une justice équitable,
—> Investir son épargne en toute quiétude,
—> Aller et venir sans entrave.
En somme, vivre en sécurité.
Les besoins de s’accomplir tels que :
S’exprimer librement,Exprimer librement son choix.
En somme s’épanouir pleinement.
Pour notre Parti, à chacune de ces aspirations correspondent des solutions optimales. Ce sont elles qui constituent l’idéologie de l’UPC.
Fort de cette orientation, notre Parti cultive dans sa démarche et sa manière d’être, un certain nombre de valeurs (Voir la rubrique « Nos valeurs ») qui font sa marque de fabrique.